vendredi, octobre 09, 2009

Boire de l’eau peut vous tuer!

J’ai reçu dernièrement une chaîne de lettre concernant un journaliste scientifique autrichien, Jane Burgermeister, traitant d'un vaste complot destiné à réduire la population mondiale grâce au vaccin contre la grippe A H1N1. Après le 2e paragraphe de ce texte de 28 pages, je me disais que cette histoire ne semblait pas tenir la route…

J’ai d’abord voulu répondre à l’ami qui m’a envoyé ce texte en lui expliquant en long et en large en quoi les propos tenus ne sont crédibles. Mais le texte étant assez long, de détruire chacun des arguments mis de l’avant aurait été non seulement long et fastidieux, mais d’un ennui sans nom.

J’ai pensé qu’il serait plus intéressant de vous faire une démonstration par l’absurde afin d’illustrer mon propos.

L’objectif de ce billet n’est pas de déterminer hors de tout doute que le fait que cette information est vraie ou non, mais plutôt que l’argumentaire est tellement poreuse que discrédite la thèse soulevée. Malheureusement, trop de gens qui reçoivent ce genre de courriel de leurs amis mettre leur esprit critique de côté et ne font que transmettre l’information à tous leurs amis, sans se demander si l’information transmise est crédible ou non. « Si mon ami me l’as envoyé, c’est sûrement vrai non? » doivent-ils se dire… Et bien non…

Voici donc un petit texte de mon cru qui s’inspire de ces chaînes de lettres apocalyptiques.

Boire de l’eau peut vous tuer!

Attention chers amis! Il est maintenant prouvé hors de tout doute que l’eau tue ceux qui en consomme. En effet, tous les humains qui ont un jour bu de l’eau sont morts!

Une étude du Dr Frankenstein du l’Université Harvard, récemment publié dans l’édition du mois de mars de la revue Sciences et vie, démontre en effet que tous les humains qui ont bu de l’eau sont décédés. Darwin en était venu à la même conclusion en 1866 mais le résultat de ses études a été brulé par le Vatican peu avant leur publication.

Greenpeace recommande qu’à partir de maintenant nous cessions de boire de l’eau. Buvez plutôt de la bière et invitez votre famille et vos amis à faire de même.

Vous devez donc nous aider à sauver la population mondiale de l’extinction! Svp envoyez à tous vos amis cette information de la plus grande importance, votre survie en dépend.

----------

Amusant n’est-ce pas? Vous aurez évidemment compris que ceci n’a aucun sens, que ce n’est pas parce que les gens boivent de l’eau qu’ils meurent! Pourtant, la plupart des chaînes de lettres envoyées par courriels contiennent des aberrations du genre, à la différence près que les sujets sont plus complexes. Or, peu importe la complexité du sujet traité, il est facile de prendre le recul nécessaire pour voir si l’argumentaire est sérieux ou non.

Voici donc les incohérences dans mon « article scientifique ».

1. L’hypothèse de base est un Syllogisme En effet, s’il est vrai que tout ceux qui ont bu de l’eau sont morts, ça ne veut pas dire que c’est l’eau qui a causé la mort de ces gens. En effet, tout le monde meurt un jour, peu importe le mode de vie. L’article fait un lien entre deux vérités qui n’ont aucun lien direct entre elles.

Voyez le raisonnement :

  • Les humains boivent de l’eau.
  • Les humains meurent.
  • L’eau tue les humains.

Ce genre de raisonnement est souvent simpliste mais présente une apparence de « gros bon sens » qui donne une certaine crédibilité.

À partir du moment que l’hypothèse de départ est fausse (l’eau tue les gens), évidemment la recommandation sera également fausse (remplacer l’eau par la bière).

2. Crédibilité des sources Dans la majorité des chaînes de lettres envoyés par courriels, souvent diverses sources sont citées (des noms de scientifiques, de publications reconnnues, etc.) Plus souvent qu’autrement, ces sources sont fausses et une petite recherche sur Google permet de détecter rapidement les faussetés. C’est un principe de base en journalisme de vérifier ses sources et la plupart d’entres vous le faites constamment dans votre vie quotidienne.

Évidemment, il n’y a pas de Dr Frankenstein à l’Université Harvard qui a publié cette étude et l’édition de mars de Sciences et vie ne traite pas du sujet. Mais vous êtes-vous donné la peine de vérifier? Et que dire de Greenpeace qui recommande de boire de la bière!

3. Sentiment d’urgence et de mobilisation

En faisant appel à nos bons sentiments, à notre gros bon sens ou en nous donnant un sentiment d’urgence, ce genre de texte vous incite à ne pas prendre le recul nécessaire pour évaluer sa crédibilité. En effet, le texte laissera sous-entendre que si vous ne faites pas ce qui est demandé, vous êtes faible ou idiot ou le prochain responsable d’une catastrophe planétaire. Bien sûr, tout ceci est faux.

Conclusion

Ceci n’est qu’un petit exemple pour illustrer comment, dans ce monde qui va de plus en plus vite, il est facile de se faire berner avec ces lettres, souvent envoyés par des amis qui sont dignes de confiance.

Or, une lecture attentive permet souvent de réaliser que les propos tenus n’ont aucune logique solide et donc, sont mensongers.

Développer l’esprit critique est essentiel dans un monde qui valorise autant l’information et la connaissance. En effet, ce n’est pas parce que c’est publié sur Internet que c’est vrai!

Pour en savoir plus

mercredi, novembre 05, 2008

Le retour du politicien

La victoire de Barack Obama lors des présidentiels aux États-Unis est sans nul doute un moment marquant dans l’histoire. Comme bien des Canadiens, je me réjouis de sa victoire qui, nous l’espérons, nous fera vite oublier ces années misérables de l’ère Bush fils.

Or j’ai une raison de plus de me réjouir aujourd’hui. En effet, l’élection de Barack Obama marque en effet le retour au pouvoir d’un politicien dans le son sens le plus noble. En effet, Obama est à mes yeux l’idéal politique : un individu charismatique, qui avec sa prestance et ses idées, réussi à mobiliser un peuple dans l’accomplissement d’une vision, d’un projet de société. En ce sens, sa victoire en est une pour la démocratie.

Trop souvent dans les dernières années j’ai vu un tel cynisme chez mes concitoyens qu’ils ont cessé d’élire des politiciens pour se rabattre sur des gestionnaires à la petite semaine. Harper, Charest, feu Mme Boucher (mairesse de la ville de Québec) ne sont pas des politiciens, ce sont des gestionnaires qui malheureusement ont abouti au pouvoir. Des gens qui proposent de ne rien changer et de se contenter de régler les problèmes comme ils viennent, sans remous mais sans vision…

Je souhaite que le nouveau président des États-Unis redonne du lustre à sa fonction et qu’il inspire une nouvelle génération de politiciens idéalistes et visionnaires partout sur la planète. Plus encore, je souhaite que la population se laisse emporter par l'enthousiasme et supporte ces leaders en travaillant tous ensemble vers un objectif commun.

Bonne chance M. Obama, et merci!

vendredi, août 08, 2008

Y'en a marre de la pluie!

Depuis le début de l'année que la ville de Québec vit dans la flotte. Pour fêter les 400 ans de la fondation de la ville de Québec, Mère Nature nous a offert plus de 400 cm de neige cet hiver et plus de 400 mm de pluie cet été. S'il y en a qui craigne une pénurie d'eau douce ils n'ont qu'à venir s'établir ici (de toute façon on a un manque criant de main d'œuvre!) Voici donc quelques réflexions sans intérêt d'un gars qui regarde sa ville se faire mouiller du haut du 27e étage...
  • C'est la faute des Montréalais qui sont jaloux de nos célébrations.
  • Faudrait bien que Mgr Ouellet se décide à mettre son chapelet sur la corde à linge.*
  • Québec : Terme huron qui signifie : là où le fleuve vous tombe sur la tête.
  • Dans quelques mois la pluie cessera... pour être remplacée par la neige.
* Il y a une vieille croyance au Québec qui dit qu'un chapelet sur la corde à linge apporte le beau temps, un peu comme une prière. Cette pratique est généralement utilisée lors d'événements importants, tel un mariage.