lundi, mars 01, 2010

Olympiques et souveraineté

Les Olympiques de Vancouver sont maintenant chose du passé. J’ai rarement suivi les olympiques avec autant de régularité et je dois dire que j’ai bien aimé. J’ai principalement regardé en anglais sur CTV et NBC. D’abord parce qu’on entend plus le bruit ambiant et parce que les commentateurs se taisent plus souvent pour nous laisser apprécier le spectacle, contrairement aux Québécois qui ont horreur du silence.

Tiens, ça me fait penser. Ma copine demandait pourquoi les commentateurs de hockey ne peuvent se la boucler 10 secondes. C’est pourtant vrai! Ça serait chouette d’entendre uniquement le bruit des patins, le claquement du bâton sur la rondelle, etc. Enfin…

Je ne sais pas la couverture qui fut donné par RDS et V mais du côté anglophone ce fut un événement qui a galvanisé le patriotisme canadien comme jamais. Le Canada a maintenant le sentiment de ne plus être simplement le petit frère des États-Unis, que nous faisons partie de la cour des grands. Avec la fierté qui vient avec.

Quand Crosby a marqué le but de la victoire contre les États-Unis, procurant ainsi la médaille d’or au hockey masculin, je me suis pris au jeu et pendant un instant, je me suis dit que les querelles pour la souveraineté, c’était maintenant chose du passé et que le Canada au fond, c’est un sacré de beau pays.

Quelques minutes plus tard, le Canada recevait sa médaille d’or et l’hymne canadien retentissait pour la 14e fois et une fois de plus, j’ai tenté de chanter la version que je connaissais, en français, mais j’en étais incapable. Pas parce que je ne souviens plus des paroles, mais parce que tout le monde la chantait en anglais, ce qui me distrayait trop. J’aurais tant aimé, ne serait-ce qu’une fois, entendre cet hymne en français.

Vient ensuite la cérémonie de clôture… Tellement « Canadian », la police montée? Pfff… Plus de la moitié des artistes de Montréal qui chantent en anglais… Triste.

Alors, devenir fervent fédéraliste? Sorry, but no thanks!

lundi, janvier 18, 2010

Quelques pensées en vrac sur le séisme en Haïti

Dans mes cours de journalisme, nous apprenions comment faire des nouvelles qui attirent l’attention de la population.

Un de ces principes est celui de la proximité. En effet, si je vous dis qu’un accident de voiture a tué 3 personnes en Inde, ça risque de vous laisser plutôt froid. Si ce même accident s’est passé dans votre rue et que votre voisin fait partie des victimes, tout à coup votre curiosité monte d’un cran.

J’ai bien sûr été touché par l’ampleur de la tragédie en Haïti. Impossible de rester de glace devant tant de désolation : mort par milliers, sans-abris par million, les enfants devenus orphelins, l’odeur de morts partout… On ne peut que s’imaginer si un désastre similaire se passait dans notre patelin. Mais en même temps, ce n’est pas le premier séisme d’envergure que la Terre a connu. Alors somme toute, ça ne me touchait pas tant que ça.

Aujourd’hui, le principe de proximité m’a frappé de plein fouet. Une de mes anciennes clientes, qui était là-bas dans le cadre d’un programme d’entraide international, est portée disparue depuis presqu’une semaine. Soudainement, j’étais émotionnellement touché par ce qui se passe là-bas.

Mes pensées vont aux proches d’Anne Labelle, je vous souhaite de tout cœur de la retrouver vivante, tout comme les autres disparus.

Un autre principe journalistique, c’est l’impact de la tragédie. Chaque année aux États-Unis, plus de gens meurent d’accidents de la route que lors des événements du 11 septembre 2001. Pourtant, qu’est-ce qui a défrayé le plus la manchette?

Sans rien vouloir enlever à l’ampleur de la tragédie d’Haïti, je ne peux qu’éprouver un peu de jalousie devant la mobilisation mondiale. En effet, j’aimerais tellement un mouvement de cette ampleur pour régler une fois pour toute la question du Tibet.

Mais le génocide étant lent et l’information bien contrôlée par les autorités chinoise, je ne peux que souhaiter qu’Haïti se remette sur pied… en attendant la libération du Tibet.

mardi, décembre 01, 2009

Leçon de vie

Ça fait longtemps que je voulais faire ce billet...

Pierre Foglia est sans doute l'un des chroniqueurs les plus intéressants de la Presse (Cyberpresse en ce qui me concerne). D'abord, il est l'un des rares journalistes qui peut discuter de sport, de littérature, de voyage avec la même pertinence. Il a également un don incroyable pour vous amener sur une piste et au dernier moment vous faire prendre un virage complètement inattendu. Bref, trop rare sont les journalistes de sa trempe.

Le texte qui suit est probablement un de ces plus beaux passages. Il fut publié le mercredi 20 août 2008 et tiré de l'article Le cul et la mort

Le grand plongeon

Un plongeon parfait est un plongeon difficile, mais si bien exécuté qu'il a l'air facile. Il en va du même principe dans tous les sports de représentation: gymnastique, nage synchro, patinage artistique. On pourrait dire qu'il en va de même dans les arts, les danseurs ne doivent pas avoir l'air de danser et les écrivains d'écrire.

La différence c'est que son œuvre exécutée, le plongeur, lui, disparaît. C'est la finalité finale de son geste: disparaître. En cela le plongeon est bien plus près de la vie. Je veux dire de la mort.

Tous les sports, tous les arts visent à la perfection. Le plongeon, en plus, nous dit ce qu'est la perfection : c'est disparaître sans laisser de trace.

C'est bien ce que je vous disais juste avant: le plongeon nous enseigne à mourir.

Quand on meurt, tout de suite après le grand plongeon, là où on arrive en s'ébrouant comme les plongeurs qui ressortent de l'eau, sept juges nous notent sur les pirouettes qu'on a faites dans la vie, et multiplient par le quotient de difficulté, très important le quotient de difficulté. Il fait toute la différence.

On est noté sur le splash, le remous, la broue qu'on laisse en sortant.

Une vie parfaite est celle qui ne fait pas de splash. Les plus humbles, les plus effacés, ceux-là qui auront traversé la vie comme un couteau entre dans l'eau sans faire de splash, ceux-là auront des 10.