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mercredi, juin 18, 2008

Le Gatorade indien : le chaï

La boisson nationale de l’Inde est sans contredit le chaï. Vous en trouverez partout pour quelques ruppees. Les gens doivent en boire en moyenne 3-5 tasses par jour et mise à part le fait que cette boisson est chaude, elle est parfaitement adapté pour le contexte indien.

Premièrement, l’eau est bouilli. Dans un pays où il est difficile de connaître la qualité de l’eau, c’est un plus. Ensuite, le chaï est composé d’un tier de lait, lui aussi bouilli, ce qui en fait une excellente source de calcium. Enfin, le sucre ajouté permet de donner un peu d’énergie. Finalement, le thé donne la saveur à la boisson.

Bref, c’est la boisson idéale pour se réhydrater et reprendre un peu de force!

Cérémonie du thé

lundi, juin 16, 2008

Les empires Indiens

Chaque pays possède ses empires financiers. Les États-Unis ont leur Coke, McDonald et Microsoft, L’Inde a son Tata, Kingfisher et VRL.

Par contre, il existe une différence majeure dans les modèles d’affaires indien et américain. En effet, les compagnies américaines sont souvent restées dans le même domaine d’affaire. Par exemple, Microsoft a beaucoup diversifié sa gamme de produits, même elle reste essentiellement dans le logiciel, ou l’applicatif. Coke est resté dans l’alimentaire.

En Inde par contre, les empires sont très diversifiés. Par exemple, la compagnie Tata construit des voitures et des camions, produits et mets en marché du riz, des épices, et j’en passe. Dans le cas de Kingfisher, vous avez la ligne aérienne, la bière et l’eau embouteillée, tous portant le même logo et la même signature.

Achèteriez-vous du pain Ford? Une moto construite par Coke? De la vaisselle Microsoft? Moi non plus.

En Amérique, on associe beaucoup la marque à son produit, et on les suit volontiers si la compagnie reste dans le même domaine d’affaire. Si par exemple Coke voulait se lancer dans le marché de la moto, elle créerait probablement une nouvelle compagnie où le nom de Coke serait pratiquement absent.

Dans le cas des entreprises indiennes, la notoriété d’une marque est selon la capacité de l’entreprise à livrer un produit de qualité. C’est un peu comme si c’est la gestion de l’entreprise qui est valorisé. Ainsi, quand Tata lance un nouveau produit, les Indiens se disent que si leurs voitures sont de bonnes qualités, il y a fort à parier que ce nouveau produit sera tout aussi bon. Intéressant n’est–ce pas?

Pour en savoir plus :

dimanche, juin 15, 2008

Le grand dilemme de la mendicité

Comme vous le savez sûrement, les mendiants sont légions en Inde. En fait, pour la majorité d’entre eux, c’est une carrière. Offrez du travail à l’un d’eux et vous êtes presque certain qu’il refusera, préférant de loin sa présente occupation. Bien que la plupart d’entre eux vivent vraiment dans la misère, certains s’en tirent assez bien, mieux que d’autres gagnants leur pitance à la sueur de leur front... Il faut dire qu’en général ils ont une technique qui marche : le harcèlement. Quand ils vous ont dans leur ligne de mire, ils ne vous lâchent pas pendant plusieurs minutes, jusqu’à ce que vous perdiez patience et leur donniez ce qu’ils veulent pour avoir la paix. Inutile de vous dire que lorsque vous êtes blanc, vous devenez une cible encore plus intéressante, d’autant plus que de manière général, nous nous laissons attendrir plus facilement à ce genre de scène (et notre patience est généralement plus courte!).

Là où ça se complique pour votre blogueur, c’est lorsque qu’un enfant de moins de 10 ans, habillé en haillon, sale et les cheveux hirsutes vous accoste pour avoir son dû. Certain vont même jusqu’à trainer leur petite soeur de 2 ans dans leur bras pour ajouter au dramatique. À chaque fois j’ai le coeur déchiré.

D’une part on me dit ici de ne pas donner, afin qu’ils cessent de mendier et se trouve un « vrai » travail. Mais d’un autre côté, 1 ruppee représente moins de 5 sous ($CND). Je me suis dit que c’est bien peu si ça peut lui permettre de manger à sa faim.

De manière générale, je gardais très peu d’argent sur moi et encore moins de monnaie. De toute façon, même si je gardais de la monnaie, elle ne ferait pas une heure dans mes poches... Par contre, je me fais un point d’honneur de ne jamais les chasser de manière brutal et je demande à ceux qui m’accompagnent d’en faire autant. C’est donc un jeu de patience, où l’ignorance est ma meilleure arme dans les circonstances.

Misère humaine - Human misery

mercredi, avril 23, 2008

Oh la vache!

Il y a un dicton qui dit : « En Inde, tu peux croiser une vache dans la rue mais jamais une femme nue. En Occident, c’est l’inverse. ». S’il est vrai que l’on finit par s’habituer à les voir un peu partout, je dois avouer ma surprise de voir un troupeau de vaches traverser l’une des plages les plus populaires de Goa en fin d’après-midi. La scène était complètement surréaliste!

Holly cow!!!

lundi, avril 14, 2008

Tel est pris qui croyait prendre...

Dans un lieu touristique à Mysore, un jeune garçon me demande d’où je viens. Je lui réponds du Canada. La capitale est Ottawa qu’il me répond. Bravo mon garçon! Il me demande alors le taux de change, en me montrant quelques pièces de monnaies canadiennes. Un peu chauvin, j’arrondie à la hausse : « 25 sous vaut 10 rupees, 1$ vaut 40 et 2$ 80 ». Le garçon me dit alors qu’il va à l’école et qu’il aimerait changer sa monnaie en rupees. J’hésite. Ça sent pas bon. Je demande à mon épouse ce qu’elle en pense. Comme moi, elle est tiraillé entre ses bons sentiments envers ce garçon qui m’a l’air brillant et ce sentiment qu’on va se faire avoir. Elle lui propose un taux de change légèrement inférieur au taux qu’elle a eu. Il lui rétorque que le taux de change est de 40 pour 1. « Où tu as su ça? » qu’elle lui demande, surprise. Il me pointe du doigt. Soudain, je me sens vraiment con... Après quelques négociation (et une vérification pour tenter de voir si la monnaie est fausse), on change ses sous, pour une valeur de 2-3 dollars) Quelques heures plus tard, nous sommes à un autre lieu touristique. La police assure la sécurité sur les lieux. Habituellement, je me méfie beaucoup d’eux. Mais cette fois, la garde est baissée. Un policier s’approche de moi et m’explique quelques trucs sur ce qu’on visite. Il me demande ensuite de quel pays je viens (encore cette question!!!), puis me dit qu’il fait une collection de monnaies (ben oui c'est sûr! Pensais-je...). Je lui donne un dollar, il me demande si j’ai du papier. Il peut bien rêver, ça vaut près de 200 rupees! Même s’il faut avouer que c’est une manière très subtile d’aller chercher son backshish, je trouve la coïncidence plutôt troublante. Et si c'était son fils qui m'avait vendu sa monnaie le matin même? De toute façon, on lui a refilé la monnaie qu’on a achetée du gamin...

mercredi, mars 26, 2008

De la grande visite (1ère partie)

Une des premières activités de mon séjour ici fut la visite du Dalaï Lama à Drepong, un des plus gros monastères tibétains du sud de l’Inde. Sa Sainteté était venue pour inaugurer un grand hall, une sorte d’immense salle de conférence où les moines pourront notamment faire des prières en groupe en plus de participer à des enseignements. Je me permets ici d’ouvrir une parenthèse pour vous mettre un peu plus en contexte. La vie monastique au Tibet a toujours été très populaire et c’est un grand honneur pour une famille d’avoir un moine. Dans les années précédant l’invasion chinoise, environs le quart des hommes tibétains étaient moines. Les nonnes sont aussi présentes mais en nombre beaucoup moins élevé. Lors de l’invasion chinoise, la plupart des monastères furent détruits et la vie monastique sévèrement réprimés. Depuis quelques années, bien que les monastères tibétains ont recommencé à donner des enseignements, ceux-ci sont limités. Bref, un moine voulant accomplir ses études monastiques jusqu’au bout devra forcément s’exiler. C’est ainsi que chaque année, des centaines de jeunes moines entament le périple de la traversé des montagnes dans l’espoir d’atteindre l’Inde ou le Népal afin de compléter leurs études. La communauté de Mundgod possède deux des plus importants monastères tibétains de l’Inde, avec environs 3000 moines chacun, et ce compte croit chaque année. Ces monastères sont donc constamment en construction afin de pouvoir accueillir les nouveaux arrivants. Ainsi, et c’est la fin de ma parenthèse, le monastère avait besoin d’un nouveau hall central, afin de pouvoir prier ou recevoir des enseignements tous ensemble. Sa Sainteté le Dalaï Lama leur a fait l’honneur de venir inaugurer cette salle.

vendredi, mars 14, 2008

Tu sais que tu es à l’autre bout du monde quand...

  1. Durant tout le mois de janvier, tu n’entends pas parler du Superbowl, même sur les chaînes de sports (dont ESPN!).
  2. Tu peines à avoir de l’information sur les primaires américaines.
  3. Il n’y a pas de boeuf dans les burgers du McDo.
  4. Le blé d’Inde... ben il porte bien son nom ici!
  5. Tu ne vois pas de pissenlits nulle part.
  6. Tu croises des vaches partout : à la plage, au centre-ville, sur l’autoroute, etc.
  7. Ça te surprend plus de croiser un blanc dans la rue que de croiser une vache.
  8. La température reste stable pendant deux mois.
  9. Le Canadien de Montréal?
  10. Le 400e de où?

jeudi, mars 13, 2008

Le voyage en chiffres

  • 30 000 km parcourus
  • 2500 photos
  • 10 heures de vidéos
  • 24 heures de train
  • 30 heures d’avion
  • 50 litres de chai
  • 400 ml de crème solaire

mercredi, mars 12, 2008

Le retour

Voici le premier épisode de mes nouvelles aventures en Inde. Pour ceux qui lisent ce blogue pour la première fois, je vous invite à lire d’abord mes récits de 2005 et début 2006 pour vous mettre en contexte.

Le trajet s’est très bien passé. Un peu de retard sur les vols mais au final pas d’ennuis. Un peu de stress à la douane indienne mais tout s’est bien déroulé. En débarquant de l’avion après environs 14 heures de vol, j’ai immédiatement senti que nous étions arrivé. Cette odeur qui m’envoutait, c’était l’Inde. C’était une odeur indescriptible, un mélangeur de sueurs, de poussière, d’épices et de combustion de diesel. Même si un jour le perds la vue, je le saurai lorsque je mets les pieds dans ce pays.

En fait, c’est une des choses que j’aime le plus de ce pays. Tous nos sens sont constamment sollicités (pour le meilleur et pour le pire!). C’est un pays de musique et de bruits, d’odeurs, de saveurs, de toucher. Le bruit des klaxons, la musique trop fortes des petites radio, l’odeur des poubelles brulés, la poussière et la crasse faisant glisser nos souliers...

Tôt le lendemain, nous sommes allés à la gare de train pour terminer notre périple au village de ma belle-famille (la colonie tibétaine de Mundgod, dans le sud de l'Inde). Cinq heures du matin et déjà ça sentait l’heure de pointe dans cette gare. Les gens se pressaient pour prendre les différents trains, les porteurs de bagages s’activaient un peu partout, les vendeurs de thé, criant le classique « chai, chaiiiiiiiii », promenaient leurs bouilloires entre les gens.

Pendant le parcours de 6 heures, la route était magnifique : divers champs de tournesols, de coton et de riz, entrecoupés de villages et de routes, où camions et motos attendaient de pouvoir passer.

Alors que je contemplais les paysages qui se présentaient à moi, je me suis mis à rêver. Rêver de ce voyage accompagné de toute ma famille, dans cette folle aventure qu’est l’Inde. La réalité me rattrapa rapidement.

Un petit garçon, âgé d’environs 8 ans, est à quatre pattes dans l’allée du wagon en train de laver le plancher. En fait, ce n’est qu’un prétexte pour mendier quelques ruppees aux passagers. Je me mets alors à penser que ce n’est peut-être pas du confort que ma famille souffrirait le plus ici, mais de ce genre de scène, dont on ne s’habitue jamais... Que penserait ma nièce de 5 ans devant cette scène, et comment sa mère pourrait lui expliquer ce qui se passe?...