mercredi, décembre 14, 2016

Nations Unies : vice de fabrication 

Les nouvelles qui nous arrivent présentement de Syrie sont tous simplement atroces. Tout le monde s’émeut, avec raison, de la souffrance que vivent les civils là-bas et de l’inaction de la communauté internationale, de l’ONU en particulier. On oublie souvent que de par la mission initiale de l’ONU, son incapacité à réagir à ce genre de conflit est « normal ». Laissez-moi vous expliquer.

Une réponse à la 2e guerre mondiale

L’Organisation des Nations Unis a été fondée à la fin de la 2e guerre mondiale, dans le but d’éviter qu’une guerre similaire se reproduise. Et s’il y a bien eu quelques conflits d’importances dans les 70 dernières années (Corée, Viêt-Nam, etc.), force est d’admettre que l’ONU a réussi son pari de conserver une certaine paix mondiale. Pour ceux qui en doute, je vous invite à visionner la vidéo suivante.

Donc, le rôle de l’ONU est d’éviter les conflits ENTRE les pays. Or depuis quelques années, on assiste à une émergence des guerres civiles (ex-Yougoslavie, Rwanda, Syrie, etc.). Chaque fois, l’ONU semble impuissante devant ces massacres. Pourquoi?

Le principe fondamental sur lequel l’ONU est basé est la souveraineté de chaque état. Autrement dit, un pays ne peut en aucun cas être envahi par un autre pays. C’est ce qui fait que l’ONU a réagi très rapidement lors de l’invasion au Koweït ou suite aux attentats du 11 septembre, car il y avait une violation évidente de la souveraineté d’un pays.

Des problèmes éthiques importants

Indépendamment du niveau de souffrance des peuples, l’intervention de l’ONU pour régler un conflit interne est quelque chose d’extrêmement délicat. À travers le monde, nous avons une diversité de valeurs et d’opinion qui rendent presqu’impossible un consensus sur les balises à mettre en place pour encadrer les interventions.
  • À partir de combien de mort de civils doit-on intervenir?
  • Si l’Arabie Saoudite n’est pas d’accord avec la manière dont les femmes ici s’habillent, peuvent-ils demander à l’ONU d’intervenir?
  • L’ONU doit-il intervenir pour empêcher Donald Trump de devenir président?

C'est une démonstration par l'absurde bien entendu, simplement pour illustrer la complexité de tracer la ligne entre une intervention justifiée ou non. 

Après 70 ans de paix mondiale, l’ONU est prête à passer à la prochaine étape, soit la résolution des guerres internes. Mais c’est une question infiniment plus complexe qu’il n’y paraît. Sauf que la crédibilité de l’institution en dépend, car de plus en plus la population prend pour acquis que c’est le rôle de l'ONU de protéger les civils, peu importe le type de conflit.

jeudi, octobre 17, 2013

La charte des valeurs québécoises : tirer sur le messager?

Depuis l’annonce par le ministre Drainville sur son projet de charte des valeurs québécoises, je suis très préoccupé et troublé par la tournure du débat.

D’abord, une brève mise en contexte. Mon épouse est d’origine tibétaine et j’ai des collègues de travail de plusieurs origines ethniques, dont plusieurs Arabes. Personnellement, dans mon quotidien, je ne vois pas de problème et je ne comprends pas la pertinence de la démarche.

Voici quand même mes réflexions des dernières semaines à ce sujet.

On fait ça pour qui?

Comme je vous le disais, dans mon entourage immédiat, l’intégration des immigrants se fait bientôt bien. Quand le projet a été lancé, on a laissé sous-entendre que c’était pour régler un problème d’intégration à Montréal. Or, toute la classe politique montréalaise a fait front commun pour indiquer son opposition.

Tranquillement, il est devenu clair que l’objectif est d’en finir avec le port du voile, associé à la religion musulmane. Ça me pose deux problèmes que j’aimerais ajouter au débat.

La mauvaise cible

Partons de l’hypothèse (à mon avis grandement exagérée) que toutes les femmes portant le voile sous ses différentes déclinaisons sont soumises d’une manière ou d’une autre aux dictats d’un homme en position d’autorité : imam, mari, grand frère, peu importe. Partons du principe que ces hommes ont une conception sexiste des rapports hommes/femmes, en opposition avec les principes québécois de liberté et de justice sociale. En bref, ces femmes sont toutes des victimes.

La meilleure solution pour éradiquer le problème est d’interdire le voile? Really? Vous ne trouvez pas qu’on punit les victimes plutôt que les bourreaux? Et par la bande, nous allons punir les pratiquants des autres religions? Si le problème vient des hommes, qu’on s’attaque à ce problème non? Si on force les prisonniers à enlever leurs uniformes rayés, en faisons-nous des hommes libres? Cette logique ne tient pas la route du tout.

Pourquoi les faire entrer alors?

Gilbert Lavoie m’a devancé de quelques heures avec cet article, mais il apporte des chiffres que je n’avais pas.

Dans les dernières années, l’immigration québécoise a laissé entrer de nombreux africains du nord (Tunisie, Algérie, Maroc, etc.) et ce, pour d’excellentes raisons. En effet, la plupart sont francophones et bien scolarisés. En revanche (et ce n’est pas un défaut en soi), ils sont aussi pour la plupart musulmans. Bien que je sois convaincu que la plupart de ces immigrants ne demandent qu’à s’intégrer à la société québécoise, certains éléments plus « conservateurs » passent forcément dans les mailles du filet.

Il faut alors se poser la question, si les Québécois ne veulent pas de musulmans, ils devront faire d’autres compromis, comme de faire venir des gens qui ne parlent pas français. Alors, est-il préférable d’enseigner aux immigrants la langue française, ou l’égalité hommes/femmes? Plusieurs autres ethnies seraient ravies de s’installer ici…

En conclusion

Bien que je sois plutôt de confession apathéisme (je vais élaborer là-dessus très bientôt), mes nombreux voyages en Inde et le fait de côtoyer la communauté tibétaine m’ont fait réaliser qu’il est possible de s’épanouir à travers la religion.

Les Québécois ont vécu de nombreux abus par les institutions religieuses jusqu'à la révolution tranquille. Nous avons une désormais une aversion pour le fait religieux et nous prenons pour acquis que toutes les religions sont forcément mauvaises.

Or, dans plusieurs cultures, la religion est importante et c'est faux que l'on peut pratiquer sa religion uniquement à la maison ou au temple. C'est se leurrer que de penser qu'avec nous charte nous allons forcer une révolution tranquille à chacun des immigrants qui s'installent ici. Nous évaluons mal les conséquences que cela pourrait avoir et il reste de nombreuses questions sans réponses : 
  • Si la loi s'applique au secteur de la santé, est-ce que les patients vont pouvoir porter des signes religieux? 
  • Qu'en est-il du prête ou autre ministre de culte qui viendra donner les derniers rites dans les hôpitaux ou les CHSLD?
 Je vois difficilement comment nous pouvons respecter quelque chose que l’on ne connaît pas.

mardi, juillet 26, 2011

Le Sénat et la représentation des régions : différents enjeux, même solution?

Parmi les nombreux débats qui occupent la place publique, ils y en a deux qui ont récemment attiré mon attention. Ce ne sont pas les plus brûlants d’actualité, par contre l’issue de ces débats semble être dans une impasse et possèdent des caractéristiques communes.

La réforme du Sénat.
Stephen Harper parle depuis son arrivé au pouvoir de réformer le Sénat : membres élus, mandat revu, etc. Au Québec, on parle plutôt d’abolir l’institution, comme nous l’avons fait au niveau provincial depuis belle lurette.

La représentation des régions
Le Québec vit depuis plusieurs années une migration de sa population des régions rurales vers les grands pôles urbains. À un point tel que les comtés offre désormais une représentativité variable selon que l’on se trouve en banlieue de Montréal ou en Gaspésie. Cela crée une certaine injustice pour les comptés « surpeuplés ».

Le gouvernement Charest a proposé une réforme de la carte électorale qui prévoit l’abolition de comptés en région, au profil de nouvelles circonscriptions dans les régions plus peuplés. Avec raison, les régions rurales craignent une perte de pouvoir, d’autant plus que le territoire couvert est déjà très grand dans certains cas.

La représentation des régions
Notre démocratie a été établie sur le principe que chaque député doit représenter un nombre équivalent de citoyens. Il m’apparaît très dangereux de vouloir jouer avec cette prémisse de base au nom du pouvoir des régions.

La solution doit se trouver ailleurs.

La solution, le modèle américain?
Comme piste de solution, je vous propose de jeter un œil au sud de la frontière. Chez nos voisins américains, le Sénat est là justement pour offrir un contrepoids régional à la chambre des représentants. En effet, le Sénat compte deux sénateurs par état, peu importe sa population. Maine? 2 sénateurs. Californie? 2 sénateurs aussi. Ces sénateurs sont élus et ont comme rôle essentiellement d’approuver les projets de lois.

En d’autres mots, le Sénat est en quelque sorte le droit de véto des régions face à une chambre des représentants qui elle est en fonction d’un nombre similaire de citoyens.

Ce n’est pas l’institution du Sénat qui pose problème au Canada, mais l’utilisation que nous en avons fait avec les années. Il est grand temps de dépoussiérer l’institution pour la détacher du pouvoir exécutif (le Premier Ministre) et pourquoi pas la ramener au Québec pour régler une impasse dans le renouvellement de notre carte électorale?

dimanche, mai 29, 2011

Entrevue avec un Philofoto, 4e partie

J’ai récemment mis la main sur le livre Le Guide complet du photographe. Livre très intéressant qui s’intéresse aux différents types de photographies (portrait, paysage, sport, etc.) et donne des conseils pour s’améliorer pour chacun d’eux. Des portraits de vétérans dans le domaine sont également présentés, où ils répondent à une série de questions.

Loin de moi l’idée de me comparer à eux, mais je trouvais intéressant l’idée de répondre à ces questions pour prendre un certain recul face à ma propre démarche comme photographe. Les prochains billets présenteront mes réponses.

La photographie peut-elle rendre le monde meilleur? Travaillez-vous en ce sens?
Je suis convaincu que la photographie peut contribuer à rendre le monde meilleur. Les photoreporters ont souvent eu un impact de sensibilisation sur les drames qui se passent dans le monde.

En ce qui me concerne, j’essaie que mes photos montrent la beauté que je vois envers mes sujets. Si je peux leur faire réaliser leur beauté, c’est déjà un petit pas dans la bonne direction.

Par contre, je trouve que le milieu de la photographie de la mode va trop loin dans ses retouches et dénature les modèles. L’imperfection a aussi sa beauté.

Que pensez-vous du traitement informatique de postproduction?
Étant familier avec l’informatique, ce mode de traitement est beaucoup plus naturel pour moi que le développement de l’argentique. Par contre, quand je prends mes photos j’essaie de faire en sorte que la postproduction soit la plus rapide possible, je n’aime pas passer beaucoup de temps à retoucher mes photos.

De plus, je trouve dommage les abus de la retouche dans le domaine de la mode. Ils ont déjà accès aux plus belles filles, aux meilleurs photographes, stylistes, coiffeuses et maquilleuses. Tout ce monde ensemble peut produire des photos remarquables, les retouches devraient être très accessoires.

Pourriez-vous travailler avec n’importe quel matériel?
À pied levé non, j’ai besoin de m’approprier le matériel avec lequel je travail. Par contre je crois qu’à partir du moment que l’on maîtrise son matériel, on peut tirer de bonnes photos peu importe le boîtier. De toute façon, la photographie c’est l’art de gérer un ensemble de contraintes : lumière disponible, lentille disponible, positionnement du sujet, etc.

J’ai tiré des photos dont je suis très fier d’appareils compacts bon marché. Pour l’instant je travaille avec Nikon parce que j’aime la prise en main mais je n’exclue pas de travailler avec un autre équipement dans le futur, en autant qu’il soit numérique.

Pour finir sur une note plus légère, quel accessoire non photographique vous est indispensable?
Mon iPhone, sans aucun doute! J’utilise le téléphone ou le texto pour planifier mes séances de photos. J’ai besoin de l’agenda et la liste de contact pour ne rien oublier. Enfin lors des shootings j’ai besoin de mes listes musicales pour créer une ambiance propice. J’ai même des répertoires de poses pour guider mes modèles durant les séances. Bref mon iPhone est pratiquement aussi essentiel que ma caméra.

dimanche, mai 22, 2011

Entrevue avec un Philofoto, 3e partie

J’ai récemment mis la main sur le livre Le Guide complet du photographe. Livre très intéressant qui s’intéresse aux différents types de photographies (portrait, paysage, sport, etc.) et donne des conseils pour s’améliorer pour chacun d’eux. Des portraits de vétérans dans le domaine sont également présentés, où ils répondent à une série de questions.

Loin de moi l’idée de me comparer à eux, mais je trouvais intéressant l’idée de répondre à ces questions pour prendre un certain recul face à ma propre démarche comme photographe. Les prochains billets présenteront mes réponses.

Quelle fut l’influence la plus déterminante sur votre évolution en tant que photographe?
Difficile à dire, mes inspirations sont multiples. Flick’r m’a permis de voir des milliers de photos qui m’ont inspiré. Les magazines de mode, le cinéma m’inspirent beaucoup aussi…
Pour quelqu’un qui fait des photos éditoriales, je laisse beaucoup de place aux idées des modèles et c’est vraiment des concepts qui sont élaborés en collaboration, mon approche est à la limite du candide, j’aime diriger au minimum et laisser le modèle me surprendre.

Quel souvenir voudriez-vous laisser de vous?

Quelqu’un qui fondamentalement aime le genre humain et le rapport que la photo crée entre le sujet et son public. Aussi quelqu’un de très curieux qui essayait d’aller toujours plus loin dans la maitrise de son art.

Avez-vous suivi des cours de photographie?
Non, pas à proprement parlé mais j’ai demandé de nombreux conseils à des photographes que je respectais. J’ai acheté quelques livres sur la technique et des recueils de photos pour m’inspirer. Internet regorge d’information aujourd’hui, c’est plutôt facile d’apprendre les bases. L’essentiel doit venir avec la pratique, mais je viens de m’inscrire à l’Institut de photo de New-York, question d’assoir ma base sur du solide.

Que pensez-vous des formidables changements de la pratique photographique ces dix dernières années? En avez-vous bénéficié?
Oh que oui!!! J’étais incapable de faire quoi que ce soit avec l’équipement argentique. Le numérique m’a permis de m’approprier le contrôle de l’équipement et d’exprimer mon désir de faire de la photo.


mardi, mai 17, 2011

Entrevue avec un Philofoto, 2e partie

J’ai récemment mis la main sur le livre Le Guide complet du photographe. Livre très intéressant qui s’intéresse aux différents types de photographies (portrait, paysage, sport, etc.) et donne des conseils pour s’améliorer pour chacun d’eux. Des portraits de vétérans dans le domaine sont également présentés, où ils répondent à une série de questions.

Loin de moi l’idée de me comparer à eux, mais je trouvais intéressant l’idée de répondre à ces questions pour prendre un certain recul face à ma propre démarche comme photographe. Les prochains billets présenteront mes réponses. 
 
À quel point est-ce important pour vous de vous spécialiser dans un genre de photographie?
Comme je n’aspire pas à devenir un professionnel, je ne sens pas une pression à me spécialiser dans un style ou un autre. Toutefois, j’adore faire du portrait et c’est avec ce genre que je suis à l’aise et que j’ai du plaisir. 
 
Je m’adonne aux autres styles mais je n’y trouve pas autant de satisfaction, sauf peut-être la photographie documentaire lors que je suis en voyage. En effet, lors de mes voyages en Asie j'essaie que mes photos puissent aider famille et amis à mieux comprendre cette région si différente de la nôtre.
 
Qu’est-ce qui distingue votre travail?
Je me sens bien mal placé pour répondre à cette question! Elle reflète uniquement mon regard sur le monde. En ce sens, cette vision est unique mais vaut bien celle des autres photographes.
 
Pensez-vous avoir évolué depuis le début de votre carrière?
Malgré le fait que ma carrière est encore très jeune, je vois déjà une certaine évolution. D’une part dans ma confiance en mes moyens. Je contrôle mieux ma technique et je suis de plus en plus à l’aise pour aborder les gens pour les prendre en photo.
 
Au niveau de mon style, même si j’essaie constamment de repousser mes limites, je commence à voir des constances dans mes photos. J’en déduis que mon style est en train de se préciser lentement.

dimanche, mai 15, 2011

Entrevue avec un Philofoto

J’ai récemment mis la main sur le livre Le Guide complet du photographe. Livre très intéressant qui s’intéresse aux différents types de photographies (portrait, paysage, sport, etc.) et donne des conseils pour s’améliorer pour chacun d’eux. Des portraits de vétérans dans le domaine sont également présentés, où ils répondent à une série de questions.

Loin de moi l’idée de me comparer à eux, mais je trouvais intéressant l’idée de répondre à ces questions pour prendre un certain recul face à ma propre démarche comme photographe. Les prochains billets présenteront mes réponses.

Pourquoi vous être spécialisé dans le portrait?
Quand je me suis familiarisé avec la photographie numérique, j’ai commencé avec du paysage et de la macro, surtout parce que je pouvais expérimenter seul. Mais rapidement le portrait s’est imposé pour moi, d’abord candide, puis en séance plus formel (mode ou éditorial). Lorsque l’on prend une photo de quelqu’un, il se crée immédiatement une confiance et une intimité avec le sujet, c’est ce que j’adore du portrait.

Dites-nous un mot sur votre modèle préféré.
Ayant une préférence pour le portrait, il est évident que j’ai une préférence pour les gens en général, mais j’avoue avoir un faible pour les enfants et les jeunes femmes.

Estimez-vous être novateur ou pensez-vous être toujours influencé par les maîtres du passé?
Je n’ai pas fait d’étude approfondi des grands maîtres, je me suis plutôt inspiré de ce qui me plaisait dans la culture populaire, les réseaux sociaux en particulier.

S’il y a un maître auquel je pourrais m’identifier, c’est Diane Arbus. Pas tant de son ouvrage que par son approche, soit de trouver la beauté où on l’attend le moins. J’ai la même fascination qu’elle pour l’inusité et le burlesque.

À suivre...

vendredi, octobre 01, 2010

Bilan photo du voyage

Je suis féru de photographie depuis plusieurs années déjà et un voyage comme celui-ci est une occasion en or pour photographier des sujets très différents de notre quotidien. Je m’étais procuré un appareil réflex (Nikon D90) 1 an auparavant ainsi que quelques lentilles (Nikkor 18-105mm, 85mm f1.8 et Tamron 11-18mm), question de le maîtriser avant le départ. J’avais également apporté un flash et un trépied.

Voici les leçons tirées de mon voyage :

J’aurais très bien pu me passer de ma lentille 11-18mm. Plus souvent qu’autrement j’ai pris mes photos de paysage entre 18 et 80mm. Ce fut plus un jouet pour donner des effets particuliers, comme pour photographier le site du Bouddha stupa. J’avais choisi le modèle Tamron pour son côté compact et léger donc je n’ai pas trop de regret.

Ma 18-105mm fut la plus utilisée durant le séjour. Rares sont les occasions où j’aurais souhaité un zoom plus puissant. J’aurais voulu travailler plus avec ma 85mm mais une lentille fixe est beaucoup plus à sa place dans un studio ou dans un endroit où la distance avec ton sujet bouge relativement peu. Dans un contexte de voyage c’est trop limitatif, une lentille zoom devenant indispensable.

J’adore travailler avec ma 85mm pour les portraits et je tentais de l’utiliser aussi souvent que possible. Le rendu est magnifique quoi que l’appareil ait parfois tendance à surexposer, surtout à grande ouverture. La majorité de mes portraits ont été pris entre f2.8 et f3.5.

Pour les paysages, j’étais au ISO le plus bas et j’allais chercher le f stop le plus élevé pour une vitesse d’environs 1/100e sec. Ça variait généralement entre f10 et f14.

Contrairement à mon voyage précédent ou le flash externe m’a sauvé la vie plus d’une fois (Kodak P20 sur un Kodak P880), j’aurais très bien pu le laisser à la maison cette fois-ci. La gestion du bruit, nettement supérieur sur un SLR y ait pour beaucoup.

Le trépied aussi est resté dans ma chambre d’hôtel pendant tout le voyage, à une exception près, pour faire de la photo de nuit. L’encombrement en est la principale raison, quoique que le choix de lentille et la gestion du bruit aient fait en sorte qu’il ne m’a pas manqué non plus.

J’ai pris de nombreux portraits à l’extérieur durant mon séjour. Or le soleil était très dur, et ce de 9h00 le matin à 17h00 le soir. J’attendais souvent en fin de journée pour prendre mes clichés, sinon dès que le soleil se couvrait je courrais prendre mes photos, en m’assurant d’avoir mon sac imperméable au cas où.

Pour la photographie en journée, je devais souvent ajuster l’exposition de -0.3 ou -0.7 EV pour éviter la surexposition des images. De plus, je mettais le pare soleil de manière systématique, pour éviter l’éblouissement mais aussi les doigts accidentels sur la lentille.

Malgré l’encombrement du sac pour trainer l’équipement (Lowepro Sling 200), je n’ai jamais regretté la grosseur de l’appareil. Il faut dire que chaque matin je laissais derrière moi lentilles ou flash qui apparaissaient inutiles pour le séjour, me trompant rarement dans mes choix.

mardi, septembre 21, 2010

L'engrais à égo

Patrick Lagacé de la Presse avait déjà utilisé cette savoureuse expression pour décrire des trucs qui vous rendent très fier : engrais à égo. J'en ai eu une bonne dose cet été lorsqu'on m'a demandé la permission d'exposer une de mes photos lors d'une exposition extérieure à Marseille, en France.

Vous pouvez voir ici une photo montrant l'oeuvre accrochée en pleine rue.

Merci à Peter Pango de m'avoir approché.

dimanche, juin 27, 2010

Népal 2010 - quelques anecdotes

Voici d’autres petites anecdotes qui sont venus ponctuer notre séjour au Népal.

Comme vous le savez, au Canada la conduite se fait à droite. Donc, lorsque je marche sur le trottoir et que je croise quelqu’un, instinctivement je vais l’éviter par la droite, ce que normalement l’autre personne va faire de son côté, évitant ainsi la collision. Or, comme au Népal la conduite se fait à gauche, les gens ont le réflexe inverse. Ça m’a pris du temps à comprendre pourquoi j’entrais continuellement en collision avec les gens dans la rue!!!

Au Népal, la rumeur coure qu’il y a trois prix : celui pour les Népalais, celui pour les réfugiés Tibétains et celui pour les étrangers. Vous l’aurez compris, le prix monte à chaque groupe. Pour cette raison, je restais souvent derrière lors de la négociation et je me pointais le nez lorsque le prix était fixé, comme la fois où je revenais de Syafru Bensi où mon ami moine a trouvé un taxi pour moi. La gueule du chauffeur quand il m’a vu embarquer dans son auto! Ou l’autre jour quand j’ai croisé trois occidentales discuter avec le proprio d’un café. « Quoi!?!??! 50 roupies pour un chai??? » (Il en coûte 10 roupies normalement…).

Nous sommes à l’entrée d’un monastère et il y a un mendiant dans le coin qui se tient tranquille. Je m’achète un chip et un coke et je m’installe sur le bord du trottoir. En ouvrant le sac il s’approche de moi et me fais signe de lui donner quelques chips. Il a même un petit verre de plastique pour avoir un peu de coke! Les paquets de chips « grand format » sont appelés là-bas « format à partager ». Faut bien suivre les instructions sur les paquets non?

dimanche, juin 20, 2010

Népal 2010 - Parlons de téléphonie mobile

Nous avons passé les 2 dernières semaines à visiter différents lieux sacrés liés au bouddhisme. Je vais publier mes écrits un peu plus tard, le temps que je me démêle dans tout ce que nous avons vu. En attendant, parlons un peu de téléphonie cellulaire.

Tout le monde veut avoir accès aux plus récentes technologies, même les pays en développement. Évidemment, le pouvoir d’achat et d’autres contraintes font varier les gadgets à la mode d’un pays à l’autre. Donc, si les écrans plasma et les cinémas maisons n’ont pas encore envahi le pays, du côté des cellulaires (téléphones portables), on trouve des innovations très intéressantes.

La plus belle trouvaille est un téléphone pouvant contenir 2 cartes SIMM. Vous pouvez ainsi utiliser la ligne du bureau et votre ligne personnelle sur le même appareil. Je serais bien surpris que l’on voit ce modèle au Canada dans un avenir rapproché.

En effet, contrairement au Canada, ici c’est le manufacturier de téléphone qui vous vend l’appareil. Donc, c’est Nokia, Sony/Ericsson et Motorola qui se battent pour vous vendre leurs modèles. Ensuite, vous choisissez le fournisseur de votre choix. Règle général, votre appareil sera compatible avec l’ensemble des réseaux du pays.

Au Canada, c’est le fournisseur de connexion qui vous vend l’appareil. Si cela à l’avantage qu'il est possible d’obtenir un appareil à peu de frais (souvent même gratuitement) en échange d’un contrat de 2-3 ans, cela fait en sorte que votre appareil est utilisable qu’avec ce fournisseur, ce qui limite beaucoup votre pouvoir de négociation… en plus de vous enlever le goût d’investir dans un appareil de qualité. Ici, le mode vibration est inexistant, de même que la boîte vocale. De plus, les gens ne semblent pas utiliser les SMS autant qu'en Inde.

lundi, juin 14, 2010

Népal 2010 - Jour 24 : les hauts et les bas de Pokhara

Notre journée à Pokhara fut bien remplie. Suivant les traditions locales, nous nous sommes levées très très tôt pour aller admirer les montagnes au lever du soleil. Je dois admettre que ça valait la peine. Le ciel, pas encore blanchi par le soleil, était d’un bleu profond. Au loin, les monts enneigés se faisaient caresser par les premiers rayons du soleil.
  Himalaya au lever du soleil

Entre 2 photos, nous montions la colline ou un belvédère nous attendait. En cours de route, le ciel est soudainement devenu jaune; le soleil sortait de derrière les montagnes. La scène était magnifique.
Lever de soleil à Pokhara

Malheureusement, le soleil dissipa le brouillard qui couvrait le fond de la vallée et rapidement les sommets ne furent plus visibles. Nous avons quand même continué notre marche jusqu’au belvédère et avons profité de la vue pour un moment.

Une fois descendue et le petit déjeuner pris, nous sommes allés visiter la chute de Devi. Une petite rivière s’est creusé un chemin dans la pierre et je jette dans une grotte, très jolie et assez inusitée. Clic-clic-clic et on est prêt pour la suite.

On peut visiter la grotte? Encore mieux! Moi qui avais peur d’avoir froid à l’intérieur, il faisait chaud et humide et on suait à grosses gouttes. Il y avait même un autel à l’intérieur! La foi peut s’exprimer partout, en particulier ici.

Il était temps de passer à table et nous avions besoin d’un peu de fraicheur. Une terrasse à proximité du lac allait parfaitement faire l’affaire. J’en profite pour vous parler de la gastronomie de Pakhora, très différente de Kathmandu. D’abord, le lac abonde de poissons, qui font la spécialité des restaurants locaux. Ensuite, la plupart des restaurants offrent les repas à l’occidentale. Par exemple, le filet de poisson est grillé ou frit et est servi avec frites et salade de chou! En fait, c’est très inhabituel de pouvoir se risquer à manger de la salade. Il faut normalement se limiter aux légumes pelés ou cuits.

Nous avons flâné une partie de l’après-midi, le temps que le soleil se calme un peu. Nous voyions passer plusieurs petites embarcations et nous avons décidé qu’une promenade en chaloupe serait agréable.

Nous avons terminé notre journée dans un restaurant Punjabi (nord de l’Inde), qui nous a servi un Palak Panner (épinard et fromage) tout simplement divin.

Népal 2010 - Jour 23 : visite à Pokhara

Nous avons encore quelques jours devant nous avant que le reste de la famille arrive alors nous en avons profité pour visiter Pokhara. La ville entoure un grand lac et est très prisé des touristes. Un peu comme Percé au Québec, on y va pour la beauté du coin et l’ambiance relax de l’endroit. Nous avons décidé d’y aller en fourgonnette, croyant que ça serait plus confortable qu’en autobus. Malheureusement nous nous sommes trompés. Nous étions tassés comme des sardines, il faisait chaux et les sièges étaient inconfortables. Bref, ce fut long et pénible. Question d’en remettre en peu plus, il pleuvait à boire debout à notre arrivée. Parlons-en de notre arrivée!

À débarquant de la fourgonnette, nous avons été pris d’assaut par les chauffeurs de taxi, chacun liés à un hôtel du coin. Comme il pleuvait beaucoup, impossible de prendre une marche pour explorer le quartier. Nous avons donc pris une chance avec l’un des chauffeurs. La chambre était ordinaire mais le prix était bas. Nous ne savions pas trop quoi faire. Nous voulions magasiner un peu mais la fatigue et la température nous enlevaient le goût d’aller explorer. Finalement nous avons gardé la chambre.

Après s’est rafraîchit un peu et la pluie s’étant estompée, nous sommes allé prendre le thé l’autre côté de la rue. Première surprise, une machine à expresso à l’entrée du café. Deuxième surprise, il est excellent leur expresso! Troisième surprise, une Suissesse parlant français vient faire un brin de jasette. Décidément, je dois surveiller ce que je dis même quand je parle français, tout le monde comprend cette langue ici!

Nous sommes ensuite allés près du lac pour admirer la vue.
DSC_9176

Surpris par la pluie, nous avons trouvé un abri sous un petit quai. Nous avons eu droit à une éclaircie digne d’une carte postale. Heureusement que j’ai toujours ma caméra à portée de la main! Certainement une de mes plus belles photos depuis notre arrivée.

Plusieurs restaurants du coin offre des spectacles de danses traditionnelles népalaises pendant le repas du soir. Nous sommes donc partie à la recherche d’un endroit pour le souper. Sur la route, nous avons une fois de plus été surpris par la pluie! Nous avons trouvé un abri de fortune et avons attendu 15-20 minutes, le temps que ça se calme.

Danseuse de PokharaPour le souper, nous avons eu droit à un spectacle de danse traditionnelle. Ce fut très intéressant et, la bière aidant, j’étais vraiment dans une ambiance de fête et j'aurais bien terminé la soirée dans un bar à boire et danser toute la nuit. Mais ici, c'est tôt le matin que ça se passe alors on oublie le nightlife.

Sur le chemin du retour, mon beau-frère nous propose de débuter la journée en se rendant au sommet d’un mont tout près avant le lever du soleil pour admirer la vue. Nous demandons au propriétaire de l’hôtel où nous demeurons où obtenir un taxi. Il offre le service de transport et nous fait un prix. Pas convaincu du prix, nous allons voir ailleurs. Sans même négocier, on trouve moins cher. On revient à l’hôtel et on informe le proprio que l’on a trouvé moins cher et il prétend qu’il ne pourra ouvrir la porte de l’hôtel à temps pour prendre notre taxi.

Commence alors une dispute entre mon épouse et le propriétaire, frustré qu’on refuse son service de navette. Comme il tard et que le couvre-feu commence d'un instant à l'autre, il nous met au défi de trouver un autre endroit où dormir, auquel cas nous pouvons partir sans payer, clients ingrats que nous sommes! Il nous a pris 2 minutes pour trouver une chambre et nous avons quitté sans tarder ce proprio bourru!

dimanche, juin 13, 2010

Népal 2010 - Jour 19 : retour à Kathmandu

Tôt le matin, nous avons repris le chemin du retour. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que les gens devant moi parlaient français! Originaire du nord de la France, le jeune homme étudie en commerce international et vient de terminer un séjour de six mois à Delhi. Sa mère est venue le rejoindre et ensemble ils visitent le Népal. Le chauffeur étant moins zélé qu’à l’allée, les passagers ont mieux supporté le trajet.

Népal 2010 - Jour 18 : tourisme à Syafru Bensi

Bien que l’endroit offre peu d’attraits, nous avons quand même réussi à tuer quelques heures dans la bonne humeur. Nous avons visité la centrale électrique de Chilime. Moi qui viens du Québec, un leader mondial en matière d’hydroélectricité, il fallait bien que je me rendre au Népal pour visiter une centrale!

Nous sommes ensuite allés jouer quelques parties de snooker. Arrivée sur place, l’endroit était désert mais comme la porte n’était pas barrée, nous avons pris l’initiative d’entrer et de jouer. Une heure plus tard la propriétaire s’est pointée et ne s’est formalisé de nous voir là. La date d’expiration de la table était passée depuis longtemps et les balles tombaient sur le plancher de béton lorsqu’on réussissait de peine et de misère à réussir un coup. Mais nous avons bien rigolé et l’après-midi s’est vite passé, entre bonne compagnie.

Avant de quitter l’endroit, une femme est venue tenir compagnie à la propriétaire, avec une petite fille d’environs 2 ans. Après avoir joué avec elle pendant un moment, sa mère nous a offert d’aller prendre un café chez elle. C’est toujours des moments que j’apprécie grandement quand les gens du coin vous laissent entrer chez eux.

mercredi, juin 09, 2010

Népal 2010 - Jour 17 : trekking vers Thulo Syafru


Le lendemain matin, nous sommes allés rendre visite aux parents de Tsultrim à Thulo Syafru. Après avoir traversé la rivière, nous sommes monté pendant près de 3 heures. Le parcours est exigeant mais depuis le temps que je voulais bouger, je n’allais pas m’en plaindre. De plus, je réalisais enfin mon rêve en venant ici : contempler les hauts sommets du pays qui forment la frontière avec le Tibet. En effet, le temps étant souvent couvert, il avait été impossible de les contempler jusqu’ici. De sentir que le Tibet se trouvait de l’autre côté de ces montagnes était un sentiment très fort.

Thulo Syafru est tout ce qu’il y a de pittoresque : des champs à flanc de montagne, des maisons érigées au sommet, formant un croissant autour de la vallée. Devant chaque maison, les drapeaux verticaux typique de la culture tibétaine. Un vrai décor de carte postale! La simple vue de ce village valait chaque bosses et enjambés pour s’y rendre.
Thulo Syafru
Nous avons flâné quelques heures là-bas, le temps que son frère nous rejoint. Son frère nous apportait du beurre et du fromage fait à partir de lait de Di (la femelle du Yak), des spécialités locales.

En fin d’après-midi, nous avons pris le chemin du retour, ses parents et son frère nous accompagnant.

Et de l'autre côté... le Tibet.
Les voici enfin, ces sommets enneigés!

Népal 2010 - Jour 16 : en route vers Syafru Bensi


Vie et mort
Beauté et laideur
Ces concepts vont de pair et ne prennent de sens qu’en présence de l’autre…

Comme vous le savez peut-être, le frère de mon épouse est moine et enseigne dans un monastère du Népal depuis quelques années déjà. Lors de notre dernier voyage en Inde, il avait amené avec lui deux de ses élèves. L’un deux, Tsultrim, devait se rendre à son village natal, Thulo Syafru, pour quelques jours. Il a gentiment offert que je l’accompagne pour voir ce coin de pays. L’occasion était très tentante mais angoissante à la fois parce que pour la première fois, mon épouse ne m’accompagnerait pas. Or l’occasion était trop belle de visiter l’arrière pays pour passer à côté.

Nous sommes partie de bonne heure pour un parcours de 7 heures de route. Les premières deux heures furent particulièrement pénibles pour les passagers. En effet, la route est faite de zigzag digne d’une montagne russe, et le tiers des gens à bord ont laissé leur petit déjeuner sur le parcours!

Le reste de la route fut plus calme, et la vue était à couper le souffle. Il faut dire qu’au Népal, on ne construit pas la route où l’on veut, mais où l’on peut. Donc plus souvent qu’autrement à flanc de montagne. Étant près d’une fenêtre, je voyais constamment le fond des ravins, le bus étant bien souvent à environs 1 mètre du gouffre. C’était une étrange sensation. Époustouflé par la vue, mais bien conscient que ces images pourraient être les dernières que je verrais. Une belle occasion d’apprivoiser la mort et d’apprécier chaque moment qui passe.

La région fait partie du parc Lasang, une zone protégée par le gouvernement, un peu comme nos parcs provinciaux. L’accès aux touristes est donc contrôlé et un droit de passage est exigé. De plus, comme le parc est à la frontière avec le Tibet, on croise de nombreux contrôles de police à proximité du parc. Il semblerait qu’ils contrôlent l’immigration clandestine et la contrebande. Allez savoir…

Nous avons pris une petite marche autour du village de Syafru Bensi, puis nous nous sommes reposés un peu. Installé dans le creux de la vallée, le village en soit est plutôt ordinaire mais les environs valent le déplacement. Entouré de montagnes, deux rivières se rejoignent pour filer vers le sud, pour devenir le populaire Gange une fois en Inde. Nous avons séjourné au Green hotel. Un endroit tout neuf (à peine 6 mois) et fort sympathique tenu par un jeune couple très accueillant. La chambre est minimale (pas de télé, de téléphone, de ventilation ni d’air climatisé) mais les lits sont confortables et de ma chambre j’entendais la rivière, ce qui ajoutais au charme de l’endroit.

Ce village est en pleine transformation. En effet, le gouvernement chinois désire un accès plus facile au Népal et à l’Inde et ils ont proposé au gouvernement du Népal de construire une route reliant les deux pays. Le gouvernement népalais, faible et en pleine crise, a donc accepté que les Chinois viennent sur leur territoire pour construire cette route. Les habitants de la région, flairant la bonne affaire, se bousculent à Syafru Bensi pour y construire des hôtels pour accueillir les éventuels voyageurs de cette route.

L’endroit est également reconnu comme le point de départ de plusieurs pistes de trekking. Bien que ce soit la saison morte, j’ai quand même croisé quelques occidentaux, venu pour la marche en montagne, donc deux suissesses. En ce qui me concerne, je recherchais un parcours léger et les 3 heures de marche pour se rendre chez les parents de Tsultrim me convenaient parfaitement.

Népal 2010 - Jour 15 : Pashupatinah et Nagarkot

Aujourd’hui nous sommes allés visiter Pashupatinah et Nagarkot. Pashupatinah est reconnu pour ses vestiges de la religion Hindou. L’endroit est composé de temples et d’autels. Contrairement au chaos de Kathmandu, il est très agréable de se promener à Pashupatinah, plusieurs quartiers empêchant l’accès aux voitures. Par moment, on se croyait dans le Vieux-Québec, avec ses rues étroites et ses boutiques d’art. L’endroit est également reconnu pour sa poterie, et nous avons eu l’occasion de voir un artisan à l’œuvre.
Poterie de PashupatinahAnd the mighty lion ate the temple...
Nagarkot est essentiellement un belvédère pour les touristes voulant voir les hauts sommets de l’Himalaya sans trop s’éloigner de Kathmandu. S’il est vrai que la vrai que la vue est superbe, les nuages nous ont empêché de voir mes monts enneigés…
Les montagnes, vu de Nagarkot Les champs de Nagarkot

vendredi, juin 04, 2010

Népal 2010 - Jour 14 : un peu d’exercice

Ça fait un an que je fais du jogging pour garder la forme et voilà maintenant deux semaines que nous sommes au Népal. Or ici, tout va plus lentement, surtout les marcheurs. À leur défense, il faut dire que la plupart des gens travaillent dur, ils n’ont pas besoin de suer dans un gym comme la plupart des occidentaux pour garder la forme.

Quoi qu’il en soit, j’avais besoin d’un peu de cardio. On oublie le jogging dans la ville. Avec la foule et le fait que je sois blanc, je vais un peu trop attirer l’attention. Il me restait la cour derrière le monastère où nous logeons. En faisant le tour d’un des temples ça me donnait peut-être un 200m. Après quelques tours, les jeunes moines sortent de classe. Certains me taquinent un peu, puis l’un deux me défi à la course. Bon joueur, je me prête au jeu. Or la compétition devient vite inégale, quand ils se relaient tous contre moi! Bof! Tant pis pour la course d’endurance et allons-y pour la vitesse!

Quelques tours plus tard, d’autres jeunes moines se pointent dans la cour et nous avons joué ensemble quelques parties de volleyball. J’ai en profité pour pratiquer mon tibétain avec eux et j’ai eu bien du plaisir!

Népal 2010 - Jour 13 : Bonne fête Bouddha!

Il fait bon ces jours-ci, les nuages apportent un peu de fraîcheur, fort appréciés des voyageurs à la peau trop clair. C’est le début de la mousson. La pluie commence à faire sentir sa présence, mais jusqu’à maintenant elle se manifeste surtout de nuit, donc peu d’impacts sur nos activités.
Aujourd’hui est un jour très important pour les bouddhistes, car c’est l’anniversaire du fondateur de leur religion. Les festivités ont commencé dès la veille au soir, avec un nombre très élevé de pèlerins autours du Bothnath stupa. De plus, les petites lampes au beurre sont légions, ce qui donne une belle ambiance. Pour l’occasion, le stupa fut décoré de drapeaux bouddistes.
Bothnath stupa
Le lendemain matin, nous nous sommes rendus au temple Swayambhunath, aussi appelé Monkey Temple. En effet, plusieurs singes habitent l’endroit et amusent les visiteurs avec leurs tours. L’endroit est situé en haut de Kathmandu, ce qui donne une vue superbe sur la ville. De plus, le temple regorge de statues, d’autels et de petits temples autour du stupa. Bref, c’est un joyau historique et patrimonial.
Bonne fête Bouddha Pour s’y rendre, un long escalier attend les fidèles et avec la foule sur place c’était toute une aventure de s’y rendre et de rester en groupe.
Un des moments forts de la journée fut une sorte de parade de danseurs, habillés de costumes comme on en retrouve dans les opéras tibétains. En voulant se rapprocher pour prendre quelques photos, je me suis retrouvé carrément coincé dans la foule. Décidé à en tirer le meilleur parti, j’ai pris un maximum de clichés, ne pouvant être plus près de l’action. Une fois la frénésie passée, j’ai toutefois réalisé que quelqu’un avait également profité du moment pour subtiliser mon porte-monnaie…
Heureusement, j’avais prévu le coup et les pertes furent minimes, mais l’incident laissa un goût doux-amer sur la visite.
Un autre moment mémorable fut quand un hélicoptère fit quelques tours autours du stupa pour laisser tomber des pétales de fleurs, symbolisant des prières de bonnes fortunes. La scène était spectaculaire et la foule était sous le charme.
Des pétales de prières
Nous sommes ensuite retournés à l’hôtel. Il y avait une foule incroyable autour du Bothnath stupa, et cette foule ne diminua que très tard dans la nuit.
J’aimerais faire une mention spéciale à mon épouse qui a accompli tout un exploit. En effet, elle a fait le tour du Stupa en prosternation. La technique est simple :
  1. vous vous étendez de tout votre long, en gardant les jambes collées
  2. vous placez une petite pierre au bout de vos doigts,
  3. vous vous relevez en laissant vos jambes collées,
  4. vous faites deux-trois pas, jusqu’à votre pierre et reprenez l’étape 1.
Des jeunes courageux Bon, présentez comme cela ça l’air facile mais c’est physiquement exigeant. Déjà sans la foule c’est un exploit, alors imaginez dans une foule comme la fin de spectacle sur les plaines pendant le festival d’été! De plus, une fois que vous avez commencé un tour, vous devez le compléter, coûte que coûte. Alors bravo mon amour, je suis très fier de toi!